Un très grand amour par FOG
Cause, Conséquense, Incontinence urinaire, Livre Pas de commentaires »
Le journaliste, biographe et romancier Franz-olivier Giesbert vient de publier son dernier roman : « Un très grand amour» .
Antoine Bradsock est un type moderne qui se teint les cheveux, fait du sport, évite les graisses. Un régime qui n’a pas empêché son éviction de la télé, mais lui permet encore d’emballer les jeunes femmes qui ont l’âge de ses filles. A son tableau, l’universitaire écrivain aligne cinq mariages et sept enfants. Pas de quoi se vanter, c’est plus fort que lui ; et puis, n’a-t-il pas toujours 20 ans ? Le voilà près de chez lui, en Provence, au terme d’une conférence, devant une belle inconnue. La sueur dans le cou, les mains moites. Dans la foulée, Antoine quitte sa quatrième femme, Anne-Elisabeth, une « vieille» de 12 ans sa cadette, arrête net ses marivaudages avec Djamila, 18 ans, et emménage avec Isabella, après de chaudes étreintes et un cours de naturalisme dans les gorges du Verdon – véritable encyclopédiste, le narrateur sait tout des sangliers, des cigales, des chèvres, des tomates.
Deux filles et six ans de mariage cocooné plus tard surgissent les premiers symptômes : fatigue, irascibilité, mictions incontrôlables, sang dans les urines…
On découvre chez Antoine Bradsock un cancer de la prostate à un stade assez avancé. Pour préserver sa virilité, il refuse l’éradication totale du mal, avec ses risques d’impuissance et d’incontinence, et fait le choix de la curiethérapie, un nouveau traitement à base d’iode 125. Aux yeux de sa compagne, il fait le mauvais choix – opposition radicale qui provoquera la rupture. De cette expérience doublement douloureuse, et qui ne lui est pas tout à fait étrangère, l’auteur a tiré ce roman qu’il considère comme « purement imaginaire, sauf l’amour, le cancer et moi-même ». Entre autobiographie et autodérision, alors que pendant le cancer la vie continue, le narrateur s’interroge, et nous interroge, sur les choix cruciaux qui se posent inéluctablement au cours d’une existence, et sur l’incommunicabilité qui peut s’installer entre deux êtres qui se croyaient intimes.


