
Le Sahel, au Burkina est la région où il y a une grande prévalence de cas de fistules : cent cas recensés en trois mois. Constat à Dori, à Gorom-Gorom, sur le dépistage et la prise en charge médicale d’une lésion liée le plus souvent à l’accouchement provoquant une incontinence plus chronique où la femme est incapable de contrôler l’écoulement de ses urines et/ou de ses excréments… La fistule est un orifice ou canal anormal donnant passage de façon continue, à un produit physiologique (urine, matière fécale) ou pathologique (pus).
La femme victime de fistules obstétricales est incapable de contrôler l’écoulement de ses urines et excréments. Elle a une communication anormale entre le vagin et la voie urinaire. Elle est toujours mouillée d’urine et dans le pire des cas, abandonnée dans la nature. La dépression due au rejet par la société fait que certaines deviennent folles. Grâce à la sensibilisation, les mentalités évoluent.
La maladie est en train d’être démystifiée. Aussi, le projet Fistule installé au Centre hospitalier régional (CHR) de Dori offre une prise en charge médicale gratuite. La porte d’entrée pour le recrutement est le centre d’accueil provisoire du projet Fistule sis à l’intérieur du CHR.
Selon le chirurgien du projet Fistule, Moussa Guiro, le centre d’accueil permet de résoudre le problème de manque de tuteur, mais aussi de faire un bilan de santé des patientes. La plupart des patientes arrivent au centre multiinfectées et malnutries. Et, c’est au niveau de ce centre qu’elles sont récupérées, au plan nutritionnel, avant la programmation pour l’intervention. A la date du 14 décembre dernier, 14 patientes avec chacune, un accompagnant, y séjournaient. La capacité d’accueil est de 23 patientes.
Le souhait du docteur est d’avoir un centre d’accueil d’au moins 50 places, afin de mieux les suivre et de les préparer aux interventions. Assise à côté de ses co-pensionnaires sous l’ombre des murs et des arbres, Fadima Hassane est une habituée du coin. Elle a déjà subi une première intervention. Mais, elle a toujours des fuites d’urines. Elle y est revenue pour une réparation. Auparavant, cette femme, aujourd’hui âgée de 49 ans, traitait son mal avec des médicaments traditionnels. Isolée et abandonnée par son mari, elle a souffert pendant 29 ans de la fistule.
En attendant la réparation, Mme Fadima est déjà une femme qui a retrouvé sa dignité et n’a pas honte de parler de son passé. A côté d’elle, Gabarou Fadima, mariée à l’âge de 17 ans, aujourd’hui âgée de 22 ans, est un peu plus chanceuse. Elle a, à ses côtés, son mari Dori Hama Biagame, il veille sur sa première femme au CHR de Dori…
Sources :
lefaso.ne – « Fistules obstétricales : 100 cas recensés en trois mois au Sahel» par Boureima SANGA
http://www.fistules.org/movie/wm_francais.htm – UNFPA Fonds des Nations Unies pour la population
- Campagne pour éliminer les fistules