la maltraitance ordinaire dans les établissement de santé, incontinence

La HAS (haute autorité de Santé) a publié une étude sur la base de témoignages : La maltraitance “ ordinaire “ dans les établissements de santé, où sont cités des problèmes liés à l’incontinence et/ou aux changes :

Le respect de la dignité

Parmi les témoignages recueillis, il est apparu que le droit élémentaire au respect de la dignité n’était pas toujours respecté. Ainsi ont été souvent citées les atteintes à la pudeur liées notamment au manque de discrétion dans la gestion du «petit linge», l’incontinence, et le sentiment d’infériorisation et d’humiliation qui les accompagnent. Le défaut d’hygiène ou d’égards (protections changées seulement une fois par jour, absence de nettoyage des aliments renversés) est également rapporté. Ces atteintes à la dignité s’accompagnent d’un sentiment d’abandon.

Les témoignages mentionnent fréquemment des traitements dégradants où les garnitures sont imposées aux patients, mis dans une situation de régression difficilement acceptable. Les patients essaient d’y échapper, parfois en se mettant en danger, comme pour ce patient qui venait d’être hospitalisé pour un accident vasculaire cérébral. «C’est une drôle de dame âgée qui est venue. Elle ne pouvait pas me transporter pour aller aux toilettes. Je ne suis pourtant pas très lourd (67 kg). Elle me dit «vous savez, je ne pourrai pas vous transporter, je vais vous mettre une couche…». «Non, non, je lui dis, je ne veux pas de couche, je veux aller aux WC.» Elle m’a mis une couche, et moi… (Rires) ils m’avaient mis dans une cage, les bords étaient relevés, je me suis dit je sors d’ici et je suis passé par-dessus. Je ris de me voir mais j’aurais pu me faire prendre parce que je n’avais pas d’équilibre. Je suis allé jusqu’aux WC mais dans les WC, je suis tombé et j’étais tout seul, j’ai quand même réussi à me relever, je tombais partout… J’ai été aux toilettes donc, et il fallait que je revienne dans ma chambre et je suis remonté dans la cage comme j’y étais. [...] le lendemain matin, quand les infirmières sont venues, je leur ai demandé si elles voulaient bien retirer ces barrières… si elles pouvaient me les enlever. Elles m’ont dit oui, on va vous les enlever et elles me les ont enlevées, ça m’a soulagé de ne plus être prisonnier et je pourrais aller aux WC moi-même, sans faire appel à une tierce personne» (Patient hospitalisée, témoignage oral).
Au-delà de la question du respect de la dignité de la personne, les «couches» imposées peuvent provoquer une incontinence chez des personnes continentes et marquer le point de départ d’une dégradation de l’autonomie. Les proches se montrent souvent choqués de cette décision, d’autant que parfois les protections sont avant tout destinées au confort des professionnels qui peuvent ainsi échapper à l’urgence, quitte à laisser les patients «mariner» quelque temps.
«J’ai demandé à ce qu’une couche ne soit pas systématiquement mise le soir dès le mois de juillet, hélas l’évolution des choses a fait qu’elle devient nécessaire maintenant 24 h/24. Le samedi 20 décembre, selon une amie présente, il a dû attendre 3 heures le retrait d’une couche souillée» (Fille d’une patiente âgée hospitalisée, témoignage écrit).

Source : La maltraitance “ ordinaire “ dans les établissements de santé – Étude sur la base de témoignages – 2009